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Entrevue avec les deputes europeens de la Grande Region

Une première pour la Grande Région au Parlement européen !

Suite à une invitation des syndicats de la Grande Région, dix-huit des vingt-sept députés européens de la région Sarre-Lor-Lux-Rhénanie-Palatinat-Wallonie-Communauté germanophone de Belgique issus de différents courants politiques (démocrates-chrétiens, socialistes, verts et libéraux) se sont réunit le 20 novembre à Strasbourg pour un échange de vue sur le financement du réseau de coopération EURES (Service européen de l’emploi) et de la seconde lecture imminente de la directive révisée sur le temps de travail. La Plate-forme syndicale de la Grande Région dont les dix syndicats membres représentent les intérêts de 500.000 travailleurs.

Les problématiques suivantes ont été présentées aux députés européens de la Grande Région :

Premièrement, le Conseil européen des Ministres de l’Emploi a adopté le 9 juin 2008 un compromis politique sur la révision de la directive temps de travail. Parmi les dispositions figurent trois points néfastes pour l’avenir de l’Europe sociale : la claue de non-participation (« opt-out ») à la semaine de 48 heures est généralisée au lieu d’être abandonnée ; le temps de garde est défini comme étant ni du temps de travail, ni du temps de repos ; la période de référence pour le calcul de la durée moyenne du travail hebdomadaire est augmentée.

Deuxièmement, la Grande Région constitue avec 190.000 frontaliers la région la plus mobile en Europe. Les besoins en conseil sur les différences qui existent p.ex. en matière de chômage et de législation sociale vont en croissant. Or, les moyens financiers que l’Union européenne met à disposition des conseillers syndicaux des réseaux EURES-T de la Grande Région (Sarre-Lor-Lux-Rhénanie-Palatinat et Pôle Européen de Développement) correspondent à 30 cents par frontalier ! Les syndicats ne sont pas prêts à accepter cet état de chose et ont par conséquent adressée la déclaration « EURES-T, un outil important du dialogue social transfrontalier » aux députés européens de la Grande Région.

Les députés européens partagent largement le point de vue des syndicats :

Jo Leinen (Groupe socialiste au Parlement européen, Sarre) souligne que les syndicats ont raison die dire que le message de l’Union européenne en matière d’EURES est assez paradoxale : d’un côté, la Commission européenne revendique un accroissement de la mobilité des travailleurs, de l’autre côté, le support financier apporté au système européen de l’emploi EURES est assez insuffisant et Robert Goebbels (Groupe socialiste au Parlement européen, Luxembourg) déplore que le budget de l’UE ne s’élève même pas à 1 % du produit intérieur brut de l’Union européenne.

Selon Kurt Lechner (Groupe parlementaire des Démocrates-chrétiens, Rhénanie-Palatinat) la révision de la directive sur le temps de travail constitue actuellement le sujet le plus important à l’ordre du jour au Parlement européen. Malheureusement l’opinion publique ne semble pas se rendre compte que la directive révisée doit être transposée suite à son adoption finale en législation nationale dans tous les Etats membres de l’UE. Si la proposition du Conseil européen des Ministre du Travail et de l’Emploi serait retenue, tous les travailleurs européens seront concernés directement ou à moyen terme par les dispositions néfastes du compromis politique du 9 juin. D’une façon générale, les députés de la Grande Région partagent donc l’analyse des syndicats.

Pour conclure, la plupart des députés présents ont salué l’initiative jusque-là inédite des syndicats de rassembler les représentants européens de leur région. Dans ce contexte, ils ont également exprimé leur intérêt d’organiser régulièrement des rencontres comparables à celle du 20 novembre. De cette manière, les syndicats et les députés européens pourront selon Claude Turmes (Groupe des Verts au Parlement européen, Luxembourg) s’entraider pour faire avancer l’Europe sociale.

Communiqué par la PSGR, 25 novembre 2008

Document

Déclaration de la PSGR : EURES-T, un outil important du dialogue transfrontalier