Comité exécutif de la CES (06-07 octobre 2026)

Presse

14.10.2026

 

 Les syndicats tirent la sonnette d’alarme face à l’agenda politique européen

 

Réuni à Oslo les 6 et 7 octobre, le Comité exécutif de la Confédération européenne des syndicats (CES) s’est tenu à un moment crucial pour l’avenir des travailleurs et travailleuses en Europe. Dans un contexte marqué par les orientations politiques présentées par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dans son discours sur l’état de l’Union, ainsi que par la progression des forces d’extrême droite dans de nombreux pays européens, les syndicats européens ont tiré la sonnette d’alarme quant à l’impact de l’agenda politique européen sur l’avenir des droits sociaux et des conditions de travail.

 

La réunion a été l’occasion de faire le point sur les principaux dossiers européens et d’avancer dans la préparation du prochain Congrès de la CES, qui se tiendra à Stockholm en mai 2027. Les échanges ont entre autres porté sur la place croissante accordée à la simplification administrative, notamment à travers l’initiative EU Inc., et sur ses conséquences potentielles pour les droits sociaux, les normes de protection des travailleurs et des travailleuses ainsi que les droits syndicaux. Le dossier a été dénoncé comme une menace majeure pour les droits des travailleurs, susceptible d’avoir des répercussions importantes sur les relations professionnelles et de limiter considérablement la marge de manœuvre des États membres. Sur le plan fiscal, cette initiative risque d’ailleurs de renforcer les inégalités en permettant aux entreprises de réduire davantage leur charge fiscale, déjà inférieure à celle pesant sur les revenus des travailleurs et travailleuses.

 

Les syndicats ont également mis en garde contre la volonté de la Commission européenne de limiter le « gold-plating », en incitant les États membres à transposer les directives européennes sans aller au-delà des exigences qu’elles fixent. Cette approche risque de réduire leur marge de manœuvre, ainsi que celle des partenaires sociaux, pour adopter des dispositions nationales plus ambitieuses et plus favorables aux travailleurs et aux travailleuses. Les syndicats se trouvent donc confrontés à un contexte difficile, dans lequel l'agenda politique de la Commission européenne semble favoriser les organisations patronales, qui, de leur côté, profitent de la situation pour intensifier leurs attaques contre les droits des travailleurs et les syndicats. C'est pourquoi la CES a réaffirmé l'urgence d'adopter une législation européenne en faveur d'emplois de qualité pour mieux protéger les travailleurs et leurs emplois.

 

L’adoption de la déclaration d’Utøya et la visite de l’île, organisée par les collègues norvégiens, ont, sans aucun doute, compté parmi des moments les plus marquants. Quinze ans après l’attentat terroriste d’extrême droite du 22 juillet 2011, qui a coûté la vie à 69 personnes sur l’île, pour la plupart des jeunes engagés en faveur de la solidarité internationale, de l’inclusion, de l’antiracisme et d’un monde plus juste, cette visite a rappelé l’importance de défendre la démocratie et ces valeurs.

 

Outre cette déclaration, le Comité exécutif a adopté plusieurs positions, notamment sur la loi relative aux marchés publics et sur le train de mesures de la Commission européenne en matière de mobilité équitable. La CES plaide pour des marchés publics privilégiant la qualité, les critères sociaux et la négociation collective plutôt que le prix le plus bas, tout en luttant contre la sous-traitance abusive. Concernant le paquet sur la mobilité équitable, elle soutient le renforcement de l’Autorité européenne du travail (ELA) et la mise en place du passeport européen de sécurité sociale (ESSPASS) afin de mieux protéger les travailleurs mobiles et migrants, de lutter contre la fraude et le dumping social et de garantir le respect des droits sociaux.

 

Communiqué par le SECEC le 14.10.2026